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Elimination de la transmission mère-enfant du VIH/Sida: Le REGIPIV-BF échange avec les responsables du système sanitaire de trois districts de la région du Nord

 

 

Le Réseau national pour une plus grande implication des personnes infectées dans la lutte contre le VIH/Sida (REGIPIV-BF) a rencontré, ce vendredi 03 août 2018 à Ouahigouya, les responsables des formations sanitaires des districts de Ouahigouya, Yako et Séguenega pour un échange. Les objectifs de cet échange étaient entre autres de présenter la stratégie de mise en œuvre du projet, présenter les acteurs de mise en œuvre du projet au niveau communautaire et recueillir des recommandations auprès des participants en vue d’une mise en œuvre réussie du projet.

Au Burkina Faso, la transmission résiduelle du VIH/Sida demeure un véritable problème de santé publique. En effet, le taux de transmission du VIH/Sida de la mère à l’enfant est passé de 5,30 % en 2014 à 8,1% en  2016. Ce taux est plus de neuf (9) fois supérieur à la prévalence nationale qui est de 0,89 %. Cette situation interpelle plus d’un. C’est dans ce contexte que le REGIPIV-BF a obtenu un appui financier de l’UNICEF pour mettre en œuvre un projet visant l’élimination de la transmission mère enfant du VIH dans la région du Nord. Ce projet en phase pilote dur six(6) mois et couvre trois districts sanitaires que sont Ouahigouya, Yako et Séguenega. Il a pour objectif de réduire à 2% le taux de transmission résiduelle du VIH/Sida. La rencontre d’échange présidée par monsieur Jean ZOUNGRANA, chef du service promotion de la santé à la direction régionale de la santé du Nord représentant son directeur régional,  a permis à la vingtaine de participants de prendre connaissance de la stratégie et les acteurs de mise en œuvre du projet. Le président de la séance a dans son mot introductif, invité les agents de santé à accueillir convenablement les pairs éducateurs dans leurs formations sanitaires, à leur faciliter le travail et surtout d’éviter de les considérer comme des concurrents.  Pour ce qui est de la stratégie, elle consiste à former des pairs éducateurs et à les déployer dans les  formations sanitaires qui offrent des services de consultation prénatale (CPN) pour mener diverses activités au profit de la femme enceinte. Le projet va également mettre en œuvre une approche différenciée qui  consiste à faire le dépistage du VIH/Sida dans le centre de récupération nutritionnel (CREN) et les orphelinats. En termes d’activités, le projet prévoit de réaliser des actions  de suivi communautaire et de changement de comportement telles que  les visites à domicile, les counseling, les recherches de perdus de vue, les causeries éducatives (au nombre de 350)  et les émissions radiophoniques. Les participants à la rencontre ont salué l’initiative du REGIPIV-BF et ont formulé des recommandations pour une réussite du projet au niveau communautaire. Pour monsieur DAHANI Mamadou du centre médical de Kapalin, ce projet vient à point nommé car il permettra d’aller à la recherche des perdues de vue. « Le projet est le bienvenu dans la mesure où les pairs-éducateurs contribueront fortement dans la recherche des femmes enceintes séropositives perdues de vue et dans la sensibilisation de la communauté », a-t-il déclaré.

Les formations sanitaires couvertes par le projet sont les CSPS Naba tigré, Bingo, Kapalin, Ziga, Namissigma, Youba,  Zogoré, Sissamba, Lazaret  pour le district sanitaire de Ouahigouya ; les CSPS de Bagaré, de Bokin, de  Gompossom,  Latodin pour le disrict sanitaire de Yako et les CSPS de Kossouka et Gambo pour le district sanitaire de Séguenega.

En rappel, c’est le 8 décembre 2017 que la Première Dame du Faso a lancé le plan d’élimination de la transmission mère-enfant du VIH/Sida  2017-2020 au CSPS Zoodo de Ouahigouya. Pour que l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH/Sida soit déclarée au Burkina Faso par l’OMS, le pays doit travailler à atteindre et maintenir le taux de 2%  durant trois (3) années consécutives.

 Issa OUEDRAOGO